Chaque année, une journée à Verdun est organisée afin de nous découvrir aux élèves de troisième la célèbre bataille de Verdun comme si nous y étions. Celle-ci dura 10 mois durant l’année 1916. Cette visite a pour but de sensibiliser les jeunes au désastre de la guerre et de ne pas oublier ces combats pour la liberté.


Celle-ci entourant la ville et ayant été renforcée, devient une base logistique vitale pour la bataille. Pas moins de 10 000 hommes se trouvaient sous cette « mini-ville » (boulangerie, hôpital, théâtre…).

Nous avons pu, au moyen de petits chariots, la parcourir et voir comment les hommes y étaient terrés, combien la vie y était difficile : pour seul repas du pain, pas de soleil, les « totos, les maladies…

La visite s’est terminée par la reconstitution du choix du « Soldat Inconnu », ainsi nous avons pu apprendre qu’un ancien combattant, Auguste Thin, a choisi parmi huit cercueils celui dont le numéro était la somme de son régiment et y déposa un bouquet de fleurs.
Aujourd’hui le « Soldat Inconnu » est enterré sous l’Arc de Triomphe, à Paris.
Après une pause déjeuner bien mérité, nous avons repris la route pour le fort de Douaumont. Sur la route, différents monuments, rappellent la bataille, notamment le monument du « Lion », couché symbolisant la victoire des Français sur les troupes allemandes de Bavière, alors réputées comme étant les plus fortes troupes.

Mais aussi un monument à la mémoire d’André Maginot blessé à Verdun (La ligne Maginot édifiée avant la Seconde Guerre mondiale est une autre référence au personnage). Nous sommes aussi passés devant le village détruit de Fleury.

Les lignes de combats se rapprochent. Ce village « Mort pour la France » a été complètement rasé de la carte. Seul un chapelle-abri ainsi qu’un monument aux Morts, construis à posteriori, rappellent qu’il y avait, avant 1916 un village (3000 habitants, un chiffre important pour l’époque). Pour l’anecdote, une commission municipale existe, avec à sa tête l’équivalent d’un maire, qui a pour rôle d’organiser les évènements et commémorations (Pour rappel, les 100 ans de la bataille de Verdun approchent, de nombreux évènements vont y être organisés).

Le fort de Douaumont fait partie des 38 forts construit aux alentours (+/- 40km) de Verdun afin d’en assurer la défense (La Lorraine était en partie aux mains des Allemands). Le temps était de circonstance. En plein dans les lignes de combat le fort était un lieu où jusqu’à 3000 soldats allaient trouver « repos ». Tantôt Français tantôt Allemand celui-ci était un lieu stratégique pour les forces en place.

Nous avons vite découvert un lieu sous terre, humide à souhait. Un couloir principal, étroit, dessert diverses salles « Casemates » à fonctions diverses. Nous avons pu découvrir les salles de repos, avec des lits superposés reconstitués.

Une pièce manquait, l’entrée murée cachait des gravats sous lesquelles des corps sont ensevelis suite à un bombardement et un effondrement. Une stèle est là pour nous rappeler ce sinistre évènement et pour garder intacte la mémoire de ces hommes morts pour notre pays.

Au cours de la visite, plus loin dans le couloir principal, une plaque de métal a été jetée au sol afin de simuler l’impact d’un obus de 50kg 10 mètres plus haut. Quel bruit effroyable ! Et dire que des obus d’une tonne tombaient sur leur tête. Ceci pour mettre en évidence un des pires cauchemars des soldats : le bruit stressant, la résonance. Ce bruit se répétait des milliers de fois par jour ! En effet cela pouvait même rendre fou ! Et un soldat fou n’était jamais bon, là, sous terre. Autre particularité de ce couloir ces chicanes de part et d’autre. Ceux-ci avaient pour but de « casser » les jets de lance flammes, pouvant atteindre 25 mètres !

Cette arme est une invention allemande, elle fut testée la première fois en 1915 et utilisée durant cette bataille, à Verdun. Arrivés au bout du couloir principal du premier sous-sol, nous avons vu la croix, en hommage aux soldats Allemands morts dans de terribles circonstances.

En effet la nuit du 8 mai 1916 le fort a fait l’objet d’une attaque française et de bombardements incessants faisant près de 2000 blessés et 679 morts (notamment dus à l’explosion d’une réserve de liquide à lance flamme). Au second sous-sol, nous avons découvert un lieu pour le peu insolite : les cabinets ! Tout d’abord de simples « pots », ceux-ci ont été remplacés par des toilettes à la turque. Seuls 6 toilettes pour 3000 hommes, nous vous laissons imaginer les conditions…

Dernier lieu de ce fort, la tourelle Galopin. Orientable à 360°, un ingénieux mécanisme de poids et contrepoids permet à celle-ci de sortir de terre pour tirer puis rentrer. Cette dernière tirait des obus 155 de 43kg sur une portée maximale de 7,2km. Le Fort nous a laissé une impression curieuse : tant d’Hommes sont mort ici.

Nous avons repris la en route, pour l’Ossuaire de Douaumont. La guerre finie, les corps furent exhumés de terre, que faire de tous ces ossements que l’on ne pouvait pas identifier ? Érigé en 1932 à l’initiative privée de l’Évêque de Verdun, l’ossuaire s’étend sur 137 mètres. À chaque extrémité nous avons vu des caveaux de 350 mètres contenant les nombreux ossements retrouvés sur le champ de bataille.

À l’étage nous avons visité un cloître dans lequel le silence est obligatoire ! 22 alvéoles et 46 tombeaux représentant un secteur du champ de bataille renferment les ossements trouvés sur le secteur. Sur le mur figurent le nom des soldats non retrouvés. Devant chaque alvéole une photo représente un homme jeune en 1916 et puis vieux au début des années 2000 : un lieu chargé d’histoire. La visite terminée, nous avons assisté à un court métrage mettant en scène des images d’époque avec lecture de poèmes et racontant l’histoire de cette bataille.

À l’extérieur nous avons aperçu le cimetière militaire de Douaumont avec pas moins de 15000 sépultures et ces croix toutes alignés, là. Au pied un rosier rouge, fleurit en saison. Quelques stèles musulmanes sont orientées vers l’Est, témoin de la présence de troupes coloniales.

La journée bien entamée nous avons pris le chemin vers le dernier site. Le mémorial de Verdun.

Ce musée inauguré en 1967 est un témoignage à lui seul. De nombreux objets y sont exposés ainsi qu’une reconstitution de tranchée. Il est étonnant de voir les objets de la vie courante « made in 1916 ». Les instruments de médecine faisaient froids dans le dos ! Nous avons regardé les armes utilisées à l’époque mais aussi découvert des objets de la vie quotidienne, pour la toilette, le repas…




Nous avons été frappées par l’image de ceux que l’on appelait les « Gueules Cassées ».

Un autre court métrage nous raconte la bataille de Verdun.
La journée s’achève, nos têtes pleines de souvenirs, nous avons vécu une journée au cœur de l’Histoire. Nous voilà de retour au Mée. Merci à tous. Merci à la guide qui a su rendre les visites intéressantes et merci à l’équipe pédagogique et aux enfants pour cette superbe journée !
Pietro