Antigone et Créon au collège !

Ce lundi 27 mars 2017, nos deux classes, la 3ème4 et la 3ème2, se sont rendues au réfectoire à la rencontre de nos correspondants du collège George Politzer et de… Créon et Antigone !

Antigone, un prénom qui peut paraître doux à l’oreille mais qui est plein de contestations… C’est la fille d’Œdipe, celui qui a tué son père et a eu quatre enfants avec sa mère : Ismène, Polynice, Etéocle et Antigone. Les deux frères, à qui le royaume de Thèbes fut confié, ont fini par s’entretuer. Créon, l’oncle de la fratrie, devint le roi et décida d’honorer Etéocle par de dignes funérailles et de laisser pourrir le cadavre de Polynice. Antigone, outrée par cette décision, entreprit d’enterrer son frère délaissé. Mais Créon l’avait ordonné : quiconque aura l’insolence et le courage d’essayer d’enterrer Polynice sera condamné à mort.

Nous savons que nous sommes dans une tragédie donc les personnages iront jusqu’à la mort. Notre séquence en cours de français sur cette œuvre d’Anouilh nous a permis de comprendre les caractéristiques de ce genre théâtral et aussi l’originalité du traitement d’Anouilh comme ses anachronismes ou l’invention d’un nouveau personnage, celui de la nourrice. Elle nous a également incités à être très attentifs aux discours développés dans l’œuvre et non seulement à la succession des actions, connues d’avance.

Le dialogue central de l’œuvre, celui de la confrontation entre Créon et Antigone nous a donc été représenté par deux comédiens de la compagnie Emporte voix. Ils étaient habillés de manière opposée. Antigone portait un jeans déchiré et un tee-shirt rouge avec le visage du Che Guevara pour lui donner un aspect rebelle, anticonformiste. Alors que Créon était habillé d’un costume avec cravate, comme un homme d’affaires. Les accessoires étaient modernes : téléphone et ordinateur portables, ce qui mettait en valeur l’intemporalité de cette pièce écrite en 1942 et se référant à un mythe antique.

En effet, cette confrontation violente entre le roi de Thèbes et sa nièce rebelle a eu des résonances dans la France occupée mais peut encore en avoir de nos jours… La métaphore de la barque fait réfléchir, un pays est souvent un bateau difficile à manœuvrer :

« Il faut pourtant qu’il y en ait qui disent oui. Il faut pourtant qu’il y en ait qui mènent la barque. Cela prend l’eau de toutes parts, c’est plein de crimes, de bêtises, de misère… Et le gouvernail est là qui ballotte. L’équipage ne veut plus rien faire, il ne pense qu’à piller la cale et les officiers sont déjà en train de se construire un petit radeau confortable, rien que pour eux, avec toute la provision d’eau douce pour tirer au moins leurs os de là. Et le mât craque, et le vent siffle, et les voiles vont se déchirer, et toutes ces brutes vont crever toutes ensemble, parce qu’elles ne pensent qu’à leur peau, à leur précieuse peau et à leurs petites affaires ? Crois-tu, alors, qu’on a le temps de faire le raffiné, de savoir s’il faut dire « oui » ou « non », de se demander s’il ne faudra pas payer trop cher un jour et si on pourra encore être un homme après ? »

De cette discussion très mouvementée où Créon commençait à prendre le dessus, la question la plus essentielle s’est imposée et a réveillé Antigone : celle du bonheur !

Nous avons vraiment apprécié cette représentation théâtrale, le jeu d’acteur était brillant et nous a montré à quel point la définition du bonheur varie selon les personnes. Tout ce temps passé à travailler sur cette œuvre m’a fait réfléchir sur la prise de décisions et que même si on pense faire le bien, cela n’est peut-être pas perçu de la même manière aux yeux des autres.

Terminer l’étude d’une pièce de théâtre par sa représentation vivante est très enrichissant. Le texte prend plus d’importance et de réalisme. Nous avons été impressionnés par les larmes d’Antigone et la violence de Créon qui ont mis en valeur les enjeux de leur discours. Et nous nous sommes amusés de voir Corneille et Sofiane se transformés en gardes impitoyables… car c’est cela aussi la magie du spectacle VIVANT.

Rajinhdra Mauve, Béatrice Annibal, Manaja Rasolofo et Mme Guillien-Pinsard

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